HERPES GENITAL

Le virus, la maladie

A ce jour, l'herpès génital est la quatrième Infection Sexuellement Transmissible (IST) dans le monde (1) avec une prévalence évaluée par l'OMS à 536 millions de personnes en 2003 (2).

Cette infection est principalement causée par l'Herpès Simplex Virus de type 2 (HSV-2), mais aussi de plus en plus souvent par l'HSV-1, le virus de l'herpès labial. Elle se caractérise par la survenue régulière et inévitable de récurrences (appelées également poussées ou crises d'herpès), lesquelles surviennent au rythme moyen de 4 par an (3).

La situation clinique la plus fréquente, soit 90 % des patients, est l'herpès épisodique, avec moins de 6 poussées par an.

Mais 10 % des personnes atteintes souffrent d'un herpès génital sévère, avec plus de 6 poussées par an.
Sans pour autant être une maladie grave, l'herpès génital peut se révéler dangereux chez les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les nourrissons qui nécessitent des protocoles médicaux adaptés aujourd'hui assez bien standardisés.

En dehors de ces cas particuliers, la gravité de l'herpès tient à plusieurs spécificités :

La prévalence

En France, l'étude (4) la plus récente permet d'estimer la population touchée par l'herpès génital à 17,2%, et montre que les femmes sont davantage concernées que les hommes (17,9% vs 13,7%) (4).

La complexité de l'épidémiologie

La situation est confuse. En effet, il existe des lésions attribuées à l'herpès génital sans preuve. Il existe également des diagnostics non établis, les lésions d'herpès génital étant associées à tort à une mycose, un eczéma, etc. Enfin, il existe des patients qui s'ignorent, la primo-infection et les récurrences étant restées asymptomatiques.

In fine, parmi les personnes infectées non diagnostiquées :
-- 20 % ne manifestent aucun symptôme et ignorent qu'elles sont porteuses du virus,
-- 80 % présentent des symptômes, mais ne savent pas qu'il s'agit d'un herpès.

Seules 20% des personnes infectées présentent des symptômes et connaissent le diagnostic.

La confusion est encore aggravée par le fait que le virus peut rester « dormant » et ne s'exprimer cliniquement que des années après la contamination.

La contagiosité

Les personnes diagnostiquées HSV2 + doivent prendre des précautions afin de limiter la transmission du virus (éviter les rapports sexuels pendant les poussées par exemple).

La durée

C'est une maladie « à vie », pour laquelle aucun vaccin n'est encore disponible.

Références

(1) Early Diagnostic markers of latent and acute episodes of recurrent genital herpes ; I Rudenko, M Rudenko ,A Zabelev, A.Shemshura ; Doi 10.1016 : j.clim.201003.226

(2) Looker K. et al, WHO, Bulletin, Oct 2008, 86 (10)

(3) Société Française De Dermatologie. Conférence de consensus : Prise en charge de l'herpès chez le sujet immuno-compétent ; novembre2001

(4) Malkin J-E et al, Seroprevalence of HSV-1 and HSV-2 Infection in the general French population,Sex,Transm,Infect,2002;78:201–203